1990

De mon souvenir, enfant je suis toujours allée à l’église catholique. J’ai été enseignée au primaire  et une partie de mon secondaire avec l’enseignement religieux catholique. Ma mère priait avec moi tous les soirs. On ne priait pas la vierge Marie et on ne parlait pas aux saints. Je parlais au petit Jésus dans mes mots à moi. Je le voyais toujours petit, comme moi, et ça me le rendait sympathique. Mais si je ne me trompe pas, maman, elle disait Jésus tout simplement. J’ai reçu le sacrement du baptême (bébé), celui de la communion, du pardon et celui de la confirmation.

Je vais vous expliquer comment moi j’ai vécu ma foi catholique, je vais vous dire aussi pourquoi et quand j’ai arrêté d’aller à l’église catholique et comment je suis allée à une église pentecôtiste ainsi que mes constats des différences.

À l’église catholique tout est très cérémoniel je dirais. Les phrases que l’on doit répondre se disent par cœur à des moments précis pendant la cérémonie. Tellement que lorsque je vais à l’église pour un mariage ou des funérailles, je suis encore capable de les réciter après plus de 20 ans d’arrêt de ce régime. Les homélies (prêches) et les textes, surtout tirés des 4 évangiles, étaient tous contenus dans un petit livre appelé « Prions en église ». Un moment donné, j’ai remarqué que ceux-ci revenaient d’année en année. En fait, j’emmenais presque toujours le Prions à la maison pour le relire. Il y avait de belles pensées dedans. Dans ces années-là, il n’était pas interdit de lire la bible. Une connaissance de 60 ans m’a confirmé le tout hier. Lui aussi avait reçu un Nouveau Testament. Il fréquentait les catholiques charismatiques qui se réunissaient en semaine il y a de cela 30 ans. Moi aussi j’avais un Nouveau Testament. J’ai commencé à m’y intéresser à l’adolescence.

En fait, après avoir parlé à ma mère pour valider ce que j’allais vous raconter, elle m’a dit que j’ai demandé d’arrêter d’aller à l’église à ma sixième année ou au secondaire un environ.  Comme je disais plus tôt, j’avais constaté que ça revenait toujours au même puis en plus j’étais tannée de faire « Assis, debout, à genoux, debout, assis » juste pour faire comme les autres. Je suis donc restée à la maison avec mon père pour écouter le hockey le samedi soir, à la place.

J’aimais Dieu pareil. Je fouillais pour des livres dans la bibliothèque à ma mère. Je lisais le Nouveau Testament. J’avais même un livre emprunté à la bibliothèque sur les Psaumes et chacun d’eux était expliqué. Après l’avoir emprunté le maximum de temps que je pouvais, je l’ai déclaré perdu et puis je l’ai payé tellement je ne voulais pas m’en départir. (Ce n’est pas un modèle à suivre.)

Je n’allais plus à l’église mais j’ai quand même participé à deux retraites de fins de semaines avec des jeunes catholiques lors de mon secondaire. Ça s’appelait des flambées. Une expérience vraiment très cool je vous dirais. C’était pour apprendre à mieux se connaitre, à connaître sa famille, les autres puis Dieu et Jésus.  J’en garde un très bon souvenir. J’en ai vécu une pour moi-même et une pour aider les autres autour de moi.

On dit parfois que le catholicisme ce n’est pas une relation personnelle avec Jésus; que c’est pour soulager la conscience ou pour paraître que les catholiques pratiquent. Je vous dirais que c’est comme dans les églises protestantes. Ce n’est pas tout le monde qui a le même niveau d’engagement.

Pendant une flambée en tout cas, on nous parle de repentance, on comprend que c’est Jésus qui accorde le pardon et non le prêtre et que c’est personnel entre nous et Dieu, que nous n’avons pas besoin d’intermédiaire, qu’on peut demander pardon chez nous en prière. Cela me ramène au sacrement du pardon. En fait, je me suis confessé qu’une seule fois dans ma vie devant un curé et il ne m’a pas demandé de réciter de prière pour la rémission de mon péché et n’a mis aucune condition bizarre à ce pardon. Il m’a simplement dit : « Jésus te pardonne, va et ne recommence plus ». Je n’ai plus jamais volé de ma vie. J’avais volé une étampe à ma professeure et je l’avais collée sur le carton de mon nom à l’avant du bureau. Elle s’en est rendu compte rapidement et m’a chicanée sévèrement devant tout le monde. Ce n’est pas la réprimande de la maitresse qui m’a encouragée à faire mieux. Je peux vous le dire. Mais ce que le prêtre m’a dit je l’ai retenu par exemple!

Ce qui m’amène à vous dire que ce ne sont pas tous les prêtres catholiques qui sont plates ou qui suivent tous les dogmes de l’église. C’est un peu comme chez les pasteurs. Les pasteurs n’enseignent pas toutes les mêmes doctrines.

Donc, au secondaire je n’allais plus à l’église. Bien du moins à l’église catholique. J’avais une amie qui s’est mise à parler de Dieu avec moi. Ça a piqué ma curiosité. Elle ne m’a pas jugée et ne m’a pas expliqué d’emblée pourquoi je devrais faire comme elle et quelles étaient les différences entre sa foi à elle et ma foi à moi. Je pense que si elle l’avait fait, je lui aurais dit qu’elle était à côté de la plaque, car en fait, la différence entre elle et moi était minime. Bien au niveau de la croyance. Elle portait les cheveux longs et des jupes longues et c’est certain qu’elle connaissait sa bible mieux que moi. (elle m’en a d’ailleurs offert une complète, Ancien et Nouveau testament)

Mais moi je lui ai amené un livre de témoignages que j’avais pris dans la bibliothèque de ma mère, fascinée par ce que j’avais lu. C’était en fait des témoignages de catholiques touchés par Jésus qui a transformé leurs vies. Oui Jésus fait ça même chez les catholiques. Drogues, sexe, travail, argent, casino, etc. Tout y était. C’est ça qui a déclenché ma conversion si je peux dire ça ainsi. J’ai invité Jésus dans ma vie et je lui ai demandé de faire un miracle dans ma vie à moi aussi. Je n’ai plus ce livre malheureusement, car je l’ai prêté à d’autres amies et il ne m’est jamais revenu un moment donné. J’étais pleine de zèle.

J’avais aussi dans la bibliothèque de ma mère des livres qui expliquaient bien la nouvelle alliance et aussi la puissance de la prière. Le livre « Casier postal à notre cher papa des cieux » en est un autre de témoignages qui encourage les croyants à écrire des prières à Dieu puis les relire pour voir comment Dieu répond étonnamment mieux que ce qu’on lui demande parce qu’il connait tous nos besoins.

Mon amie et moi avions beaucoup à nous raconter. Un jour elle m’a demandé pourquoi je n’allais pas à l’église. Je lui ai dit que je trouvais ça plate. Elle m’a invitée à la sienne un mercredi soir. J’y suis allée. J’ai aimé ça même si c’était bizarre un peu. Ce n’était pas riche, ça faisait pauvre même, dans le sous-sol d’une église. Il n’y avait pas d’images de Dieu, pas de croix, pas de chemin de croix, pas de statues, pas de bancs d’églises, pas de prêtre en toge blanche. Juste un monsieur avec sa guitare qui racontait des histoires puis qui nous disait qu’on ne pouvait pas mentir à Dieu, qu’on ne pouvait pas se cacher que Dieu voyait nos intentions dans notre cœur et entendait nos pensées. Je l’ai tout de suite trouvé sympathique. Il semblait authentique. Les gens lui parlaient après la rencontre. Il était comme vous et moi. Ce monsieur était beaucoup plus facile d’approche qu’un prêtre. Je ne sentais aucune hiérarchie. Tout le monde me souriait et me serrait la main même s’ils ne me connaissaient pas. Il y avait beaucoup d’amour entre les gens et ça se voyait.

Oh et pendant les chants nous étions en cercle et tout le monde chantait et plusieurs avec une ou deux mains dans les airs. Mon amie m’a simplement dit que c’est parce que ces personnes offraient les paroles des chants à Dieu en prière. Je voulais y revenir. Ça n’a pas pris tellement de rencontres avant que je lève une main. Mais j’étais gênée, j’avais l’impression que tout le monde me regardait.

C’est comme ça que ça s’est passé quand je me suis convertie. Mon amie venait me chercher pour les réunions du mercredi et peu de temps après je suis allée le dimanche à l’église avec ma mère. Parfois on allait même au resto avec le pasteur et d’autres membres de l’église. On parlait du sermon et de ce que Dieu avait fait dans notre semaine. Je me disais que ça c’était vraiment spécial que jamais nous aurions fréquenté des catholiques de cette manière-là. J’avais besoin de ça. Ça m’a permis de grandir dans ma foi. Ma mère m’a expliqué que chez les catholiques, il y a aussi ce type d’échanges et de personnes qui se fréquentent par exemple avec les cursillistes puis les chevaliers de Colomb et les filles d’Isabelle qui font des bonnes œuvres dans leur paroisse.

Je vous dirais qu’au départ je n’ai pas eu de conviction de péché qui faisait que je me sentais séparée de Dieu puis réconciliée ou d’appel particulier sur ma vie. Je considère que j’ai été élevée à cultiver une relation personnelle avec Dieu, malgré mon arrière-plan catholique. J’ai eu la grâce d’approfondir cette relation dans une église pentecôtiste et de recevoir le Saint-Esprit aussi simplement que mon cheminement s’était fait avant. J’ai reçu le Saint-Esprit sans imposition des mains, sans phénomène étrange et sans aucune crainte non plus.

Je pense même que certains catholiques vivent cette expérience tout en étant dans l’église catholique. Ma grand-mère était une grande femme de foi à mes yeux. Elle priait pour nous tous, elle nous le disait souvent et elle nous parlait aussi de la volonté de Dieu pour la famille. Un soir dans un élan inspiré, alors que moi j’allais à l’église pentecôtiste, et elle à l’église catholique, elle m’a soufflé à l’oreille : « Tu sais que tu vas guérir un jour? » Je lui ai répondu : « Oui et je ne mourrai pas de cette maladie ». Nous nous sommes regardées dans les yeux et je savais que nous nous comprenions.  On sentait le Saint-Esprit présent.

Mais ma grand-mère était spéciale. C’était la seule de mes 4 grands-parents à penser comme cela et pourtant elle allait à la même église, avec le même curé que les trois autres. Elle avait une relation personnelle avec le Seigneur. Elle croyait dans l’œuvre de la puissance de la résurrection de Jésus et aux promesses de la bible. Je crois qu’elle est sauvée par sa foi.

Je crois aussi que d’autres catholiques sont sauvés comme elle, mais que malheureusement beaucoup se perdent dans les rites et dans la confiance qu’ils peuvent mettre en un homme. Ils n’ont pas les mêmes opportunités d’enseignements de la Parole que nous et cela leur demande plus d’efforts pour trouver la voie du Royaume de Dieu.

Parlez-leur, comme mon amie l’a fait, sans trop attirer l’attention sur les différences et échangez le plus possible sur ce que vous avez en commun.

CONCLUSION :

Le Seigneur m’avait prédestinée. J’ai été attentive à sa voix qui m’appelait et qui m’attirait à lui toujours davantage.

Jean 14:20

En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous.

14:21

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui.

14:22

Jude, non pas l’Iscariot, lui dit : Seigneur, d’où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde?

14:23

Jésus lui répondit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui.

N’oubliez pas de lire mon témoignage de guérison! Version PDF téléchargeable et imprimable (149 K)

http://vis4jesus.wordpress.com/2009/08/11/le-chemin-la-verite-et-la-vie/

Je tenais à vous partager ce message apporté par le Pasteur de l’église que je fréquente. C’est le message que j’aimerais communiquer au plus de gens possible. Je trouve que  cela complète bien mon histoire personnelle. Bonne écoute!

http://www.carrefourchretien.ca/Audio/2011%2007%2024%20Sauv%C3%A9%20de%20la%20mort.mp3

Bientôt je vous raconterai d’autres péripéties, d’autres moments où Dieu a été à l’œuvre dans ma vie ;-)

Une autre guérison

24 novembre 2009

Un petit mot pour vous dire que depuis la parution de cette page, j’ai été guérie de l’intolérance au lactose que j’avais depuis plusieurs années. Gloire à Dieu! C’est confirmé: plus aucune difficulté à ingérer de produits laitiers depuis le 14 août 2009.

Mon histoire

11 août 2009

Version PDF téléchargeable et imprimable (149 K)

Présentation

Je suis une femme de 33 ans qui a mis sa confiance en Jésus-Christ dès l’adolescence. Aujourd’hui j’entame ma dixième année de vie en santé et je désire témoigner par cet écrit de ce que le Seigneur a fait pour moi et de comment Il a fait cette œuvre. Je lui avais promis. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour le faire? Vous le saurez en lisant l’entièreté de ce récit…

Mon espérance

En 1990, alors que j’étais adolescente, une amie à moi m’a parlé de sa foi et de sa relation personnelle avec le Seigneur et cela ne me semblait pas sans aucun sens puisque ma mère avait toujours prié avec moi avant de dormir, et ce, depuis ma plus tendre enfance. Nous allions à l’Église catholique en famille et le culte ne correspondait pas pour moi à une foi vivante. J’ai fouillé dans la bibliothèque familiale et j’ai trouvé un livre de témoignages de ce que Dieu pouvait faire dans la vie de jeunes; une vingtaine de témoignages comme celui que vous vous apprêtez à lire.

Le verset « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6) en a été un phare pour moi. C’était pour moi sans équivoque : je Le suis, je Le crois et j’ai la vie.

À mes yeux, la promesse de vie de Jésus dans ce verset n’était pas seulement celle de la vie éternelle, c’était également celle physique. Cela résonnait fort en mon cœur. Je savais que je serais délivrée de la qualité de vie médiocre que je vivais dans mon corps physique malade pour faire place à la santé afin que je puisse goûter à ce qu’est la vie réellement.

J’ai donc décidé de lire la bible, de faire ce qu’elle m’apprenait et de faire confiance à Dieu pour ma vie. J’ai goûté à cette vie spirituelle en abondance; vie qui a affermie ma foi jour après jour, me rapprochant de plus en plus de Lui et de la promesse qu’Il avait mise en mon cœur.

Jamais je n’en ai jamais voulu à Dieu pour la santé défaillante que j’avais. Je savais que Dieu ne m’a pas envoyé cette maladie, mais que cela a été permis dans ma vie sans plus. Je ne cherchais pas à comprendre pourquoi ou à jouer la victime d’un mauvais sort. Je vivais ce que la maladie m’apportait chaque jour. Point. C’était bien suffisant.

La fibrose kystique (mucoviscidose)

Depuis l’enfance, je souffrais d’une atteinte pulmonaire grave à cause d’une maladie héréditaire et dégénérative – la fibrose kystique. Elle prenait beaucoup de place dans ma vie puisqu’elle nécessitait deux heures de traitements par jour au minimum. En fait, je ne savais pas ce qu’étais être bien physiquement.

La fibrose kystique atteint les systèmes respiratoires, digestifs et reproducteurs. On dit d’elle qu’elle est mortelle.

La fibrose kystique amène la personne qui en souffre à renoncer petit à petit à ses capacités physiques, car les complications liées à la maladie se font de plus en plus présentes. Pour ma part, mon système respiratoire était gravement atteint. Je n’ai jamais pu suivre mes camarades de classe dans les sports et je me fatiguais plus rapidement que les autres enfants. À l’adolescence ma capacité respiratoire était à 50% de ce qu’elle aurait dû être et le déclin semblait vouloir se poursuivre encore. J’étais hospitalisée trois à quatre fois par année pour des cures d’antibiotiques intraveineux d’une durée variant de deux à trois semaines chaque fois. Rien ne semblait vouloir s’arranger, car mon corps s’habituait aux traitements et les résistances multiples aux antibiotiques donnaient du fil à retordre aux spécialistes.

J’ai vécu huit années en tout avec une capacité respiratoire semblable. Quand je regarde en arrière aujourd’hui je trouve cela spectaculaire.

Ma foi en action

Chaque jour j’apprenais à dépendre davantage de mon Sauveur et à lui faire de plus en plus confiance malgré les mauvaises nouvelles qui se succédaient. Je priais pour recouvrer la santé et je savais aussi que plusieurs autres personnes priaient pour moi. Tous des gens de foi, qui fréquentaient une assemblée chrétienne où j’allais régulièrement. Il m’arrivait même de m’y déplacer avec mes traitements.

Je sentais souvent un esprit de lourdeur et de mort s’abattre sur moi comme si une puissance quelconque voulait me voir périr. Est-ce de cela dont on parle dans ce verset? « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire. Moi, je suis venu afin que mes brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance » (Jn 10,10)

Chose certaine, je ne voulais pas laisser filer la vie entre les doigts d’un voleur. J’ai développé une haine profonde pour cette maladie même si je devais m’astreindre à l’adaptation qu’elle m’imposait. Elle était là, je ne pouvais le nier, mais en mon cœur je ne pouvais pas l’accepter non plus. Elle ne m’appartenait pas.

J’avais la ferme conviction en mon cœur que je ne mourrais pas de cette maladie et la lecture de la bible me le confirmait :
« Cette maladie n’est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le fils de Dieu soit glorifié par elle » Jn 11,4

J’attendais le miracle de guérison qui m’apporterait la santé tant espérée depuis plusieurs années déjà. Je m’accrochais à la promesse qu’Il m’avait faite par Sa Parole qu’est la bible et je croyais fermement à l’exaucement des prières puisqu’elles étaient conformes à sa Parole.

Jésus est en effet mort pour nous délivrer du poids de la culpabilité de nos péchés, mais également de nos souffrances physiques.

« Lui qui a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure vous a guéris » 1 Pi 2, 24

Je répétais ce verset plusieurs fois par jour en mon cœur et à haute voix, spécialement lorsque je sentais que la maladie prenait de plus en plus emprise sur moi je confessais : « Par Ses meurtrissures je suis guérie ! »

Je sentais alors que la mort reculait et que ma foi grandissait. Exactement comme la bible le dit : « La foi vient de ce que l’on entend et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ » Rm 10,17

Je pouvais bien dire « Je suis guérie » au temps présent puisque cette promesse a déjà été accomplie à la croix. Je savais que cela m’appartenait déjà et que je le verrais s’accomplir « car celui qui a fait la promesse est fidèle » He 10,23

Petit à petit certains symptômes disparaissaient pour me laisser entrevoir que le Seigneur agissait puis réapparaissaient après quelques jours ou quelques semaines. Je témoignais que ça allait mieux et puis tout se remettait à aller moins bien subitement.

Mais je ne désespérais pas, je me rappelais constamment à la mémoire : « celui qui a commencé en vous une œuvre bonne, en poursuivra l’achèvement » Ph 1,6

Je continuais à étudier à temps plein de peine et de misère. Au niveau secondaire tout allait somme toute assez bien. Certains de mes cours optionnels m’avaient été retirés afin de me permettre de prendre des périodes libres et ainsi rattraper les temps passés à l’hôpital. Ce n’était pas aussi simple au Cégep. Grâce à un bon dossier scolaire, j’avais été acceptée dans une technique qui ne se donnait qu’à une seule institution au Québec et où l’on n’avait sélectionné que 40 candidats pour faire partie de la première cohorte. Une technique en sciences et technologies pour laquelle je recevais une bourse du gouvernement du Canada. Il me fallait performer pour conserver cette bourse et il n’était pas question que je quitte cette formation qui m’ouvrirait les portes d’un emploi intéressant assuré. Plusieurs fois par jour je répétais ce verset : « Je puis tout par celui qui me fortifie » Ph 4,13

Malheureusement en 1996, il me fallut abandonner cette formation, après deux ans, suite à plusieurs échecs scolaires. Ce fut difficile pour moi d’accepter cette situation.

La bataille

Après 6 ans de foi en action, plusieurs croyants de mon entourage questionnaient pourquoi je n’étais pas encore guérie.

Mon entourage non chrétien disait que les miracles c’était pour dans le temps de Jésus et pas de nos jours. Je n’arrivais pas à croire cela. Il est vrai que je n’avais pas vu des tas de miracles se produire autour de moi comme ceux qui sont décrits dans la bible mais je m’accrochais au fait que « Jésus est le même hier, aujourd’hui et éternellement » He 13,8

Certains chrétiens disaient que ma foi ne devait pas être suffisante. Je leur répondais peut être que ma foi n’est pas encore mature, mais il est écrit : « Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde » Lc 17,6 convaincue que j’avais au moins ce petit peu de foi.

Certains autres affirmaient qu’il y avait peut-être trop de péchés dans ma vie pour que le Seigneur puisse répondre à ma prière.

Vous savez, même si je ne voulais pas accorder de place au doute dans mes pensées, ces commentaires m’ont amenée à examiner mon cœur, ma foi et ma vie.

Si je suis capable de vous citer aujourd’hui tous ces passages de la bible et de les coller aux différentes étapes de mon témoignage comme je le fais présentement ce n’est pas que j’aie quelconque érudition biblique. C’est seulement que je possède un cahier dans lequel je note tous les passages qui font écho en mon cœur. Ces versets ont donc été des réponses à des moments cruciaux de mon cheminement. Ils ont été d’un grand réconfort et m’ont permis de persévérer jusqu’à la fin. Ce cahier m’a toujours permis de garder à ma mémoire les bienfaits qu’Il me prodigue.

Pour moi il était donc clair que, du moins, je faisais ce qui était prescrit ici : « sois attentif à mes paroles, tends l’oreille à mes discours; qu’ils ne s’éloignent pas de tes yeux. Gardes-les dans le fond de ton cœur car ils sont vie pour ceux qui les trouvent et santé pour tout leur corps » Pr 4,20-22

Je me suis donc mise à chercher dans la bible un passage qui disait que je ne pouvais pas obtenir la promesse de Dieu, si le péché était présent dans ma vie. Et voici sur quoi je suis tombée :
« Si l’héritage venait de la loi, il ne viendrait plus de la promesse, or, c’est par la promesse que Dieu a accordé sa grâce à Abraham » Gal 3,18
et
« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » Gal 5,1

Et à bien y penser, je me disais que Christ s’est offert en sacrifice pour me libérer de mes péchés en les prenant sur Lui à la croix; je ne pouvais donc pas être privée de la grâce de Dieu à cause d’eux.

Avec ces versets, il était clair pour moi que je ne devais pas me mette sous le joug du péché en tentant d’observer religieusement chacun des préceptes contenus dans la bible afin de pouvoir enfin dire un jour : « Je suis presque parfaite, maintenant Seigneur tu peux me guérir ! »

Non! Probablement que j’y aurais perdu la promesse tant j’aurais mis d’énergies à regarder à mes actions plutôt qu’à Christ.

Je ne dis pas que je faisais exprès pour accomplir le mal autour de moi. Loin de là! Mais j’ai saisi à ce moment-là que si je croyais que le péché m’empêchait de recevoir la guérison, que la bataille était perdue.

Et enfin, d’autres personnes doutaient carrément que c’était la volonté du Seigneur de me guérir moi. Elles ne se gênaient pas pour m’en faire part. Après tout ce temps, après tout peut-être que ce n’était pas Sa volonté de me guérir finalement. Peut-être que ma destinée en était autrement et que le Seigneur accomplissait Sa volonté d’une manière quelconque par cette maladie.

Encore là, même si j’avais la ferme conviction en mon cœur que ce n’était pas le cas, je suis retournée feuilleter ma bible pour savoir si c’était vrai que le Seigneur souhaite que seulement certains soient guéris et pas d’autres.

« Je suis venu pour faire non ma volonté mais la volonté de celui qui m’a envoyé » Jean 6,38.  Tout ce que Jésus fit pendant qu’Il parcourait la terre était la volonté de Dieu. Si vous voulez connaître la volonté du Père, regardez à Jésus, regardez à tous ces miracles qui ont été accomplis. Ceux qui avaient la foi qu’ils pouvaient être guéris par Lui ont été délivrés de leur mal.

« Ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé… il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » Es 53, 4a et 5

Pour moi il était clair que si je crois en la vie éternelle obtenue grâce à la mort et à la résurrection de Jésus bien que je crois aussi en la guérison. Cela fait partie de la même promesse. À ma compréhension à moi, Il a effacé les péchés de tous ceux qui croient et non d’un petit groupe seulement.

Mais ces questionnements laissaient en moi une autre interrogation encore plus difficile à répondre : « Pourquoi Seigneur, si tu veux et si tu peux le faire, je ne suis pas encore guérie alors? »

Et savez-vous ce que j’ai fait ? J’ai ouvert ma bible encore une fois pour tenter de trouver une réponse même si je me disais que c’était une question bien subjective à laquelle j’étais tentée de répondre instinctivement par moi-même : « Dieu seul le sait ! »

Et voici ce que j’y ai lu :
« Examinez-vous vous-mêmes pour voir si vous êtes dans la foi, éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? À moins que pour vous l’épreuve soit un échec » 2 Co 13,5
et
« Considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves que vous pouvez rencontrer, sachant que la mise à l’épreuve de votre foi produit la persévérance. Il faut que la persévérance accomplisse une œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaitement accomplis, et qu’il ne vous manque de rien. » Jc 1, 2-4

J’ai alors compris que l’attente n’est pas un échec ; c’est le perfectionnement. C’est la patience mise à l’épreuve et que la patience c’est la foi dans l’attente.

J’ai arrêté de demander des prières ou de m’avancer pour que l’on prie pour moi en espérant que cette fois-là serait la bonne. Je savais que le Seigneur était au courant de toutes mes pensées et de tous les recoins de mon cœur et qu’Il prenait soin de moi.
« Dieu m’a répondu aux jours de détresse et a été avec moi dans le chemin où j’ai marché » Gn 35,3

Certains se demandent pourquoi on dit de la bible qu’elle est la Parole de Dieu. Avouez qu’avec de telles réponses, on ne peut en douter ! Pour ma part, je ne pouvais que m’appuyer sur la bible, car elle fut d’un grand secours, dissipant tous les doutes et répondant à mes questions les unes après les autres, pour autant que je cherche la face de Dieu dans la prière.

Avec tout ce temps qui passait et malgré ces questionnements spirituels, mon médecin commençait à me parler de transplantation pulmonaire. J’étais en effet de plus en plus essoufflée, ma capacité pulmonaire avait diminué aux alentours de 35% et on parlait de me prescrire de l’oxygène la nuit. Bref, les symptômes empiraient.

Je ne voulais pas m’attarder aux symptômes même si je savais qu’ils étaient présents. Je ne voulais pas regarder à ce que Dieu n’avait pas fait dans mon corps, mais plutôt ce que Dieu avait déjà fait sur la croix.

À la fin de l’année 1997, je refusai la greffe en disant au médecin que je n’étais pas si malade que ça, que je n’étais pas rendue là. En fait, je voulais que la gloire de cette guérison appartienne au Seigneur seulement. Je me voyais déjà en bonne santé en train de témoigner de ce que le Seigneur avait fait pour moi. Je me disais que je ne devais pas laisser le doute m’envahir, car il est écrit : « s’il ne doute point en son cœur, mais qu’il croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir » Mc 11,23

Ma mère était bien inquiète, ça se voyait. Je pense qu’elle se disait à l’intérieur d’elle que je ressemblais au gars dans l’histoire qu’on raconte parfois. Vous savez celui qui était perdu sur un radeau en plein océan et qui criait au Seigneur : « Seigneur vient m’aider »? En bref, figurez-vous qu’il a refusé de monter dans l’hélicoptère de secours qui lui avait été envoyé…. Il avait répondu au chauffeur de l’hélicoptère : « Non merci. Le Seigneur va me secourir » Une fois rendu au ciel, il s’en mordait les doigts, car il n’avait pas su reconnaître que l’hélicoptère était en fait la réponse à sa prière.

À Sa manière

C’est d’ailleurs ce à quoi j’ai pensé lorsque j’ai accepté de commencer les examens pré-greffe au printemps 1999. En mon cœur j’ai dû avouer au Seigneur que non seulement j’avais terriblement peur de devoir subir cette intervention chirurgicale majeure, mais qu’en fait je Lui disais comment s’y prendre pour répondre à ma prière. J’avais moi-même choisi de la manière qu’Il s’y prendrait pour m’exaucer, car j’avais peur et je ne désirais aucune autre alternative que la guérison divine miraculeuse sans souffrance et dans la joie.

J’avais balayé la crainte tellement profondément que je la nais et que je me cachais derrière toutes sortes de prétextes même si je savais qu’il est écrit : « N’aie pas peur, crois seulement » Mc 5,36
et
« Ne t’inquiètes de rien; mais en toute chose, par la prière et la supplication, avec des actions de grâces, fais connaître à Dieu tes demandes » Ph 4,6

J’ai alors accepté de Lui faire totalement confiance tout en croyant qu’Il pouvait toujours me guérir instantanément si c’était Sa volonté de procéder ainsi. Je méditais ces paroles : « Le Seigneur marchera devant moi. Il sera avec moi sans jamais m’abandonner » Dt 31,8a
et
« Même si je passe par la vallée obscure je ne redoute aucun mal Seigneur car tu m’accompagnes » Ps 23, 4a

Pendant ce temps je m’engageais dans des démarches souffrantes. On continuait de me traiter par traitements intraveineux et on me faisait passer toutes sortes d’examens plus désagréables les uns que les autres. J’étais exténuée.

Le médecin de greffe m’avoua sans détour qu’il me restait moins de deux ans à vivre et que la durée moyenne de l’attente pour une greffe de deux poumons était d’un an et demi à deux ans, temps compté à partir du moment où le patient est officiellement inscrit sur la liste d’attente. Je compris rapidement que l’espoir de m’en sortir par la médecine était somme toute mince. Je n’avais pas terminé les examens, je n’étais pas encore acceptée sur la liste de transplantation et… je me demandais comment je ferais pour supporter ne serait-ce que l’année qui s’en venait.

Et c’est vraiment là que ce verset prit tout son sens : « La foi c’est l’assurance des choses que l’on espère, la démonstration de celles que l’on ne voit pas » He 11,1

En Son temps

Quelques mois avant sa mort, ma grande mère maternelle – une femme de cœur et remplie d’amour – m’a dit à l’oreille : « Tu sais ma petite, tu seras guérie bientôt, tu sais ça », sans même que je lui parle de ma foi. Elle le savait elle aussi.

Les versets qui disent : « Alors ta lumière poindra comme l’aurore et ta guérison germera promptement » Es 58,8 et « Attends avec confiance même si cela paraît long; ce que j’annonce arrivera à coup sûr et sans retard » Hab 2,3 étaient couché sur mon cœur.

Je savais qu’en Son temps Il agirait. Et surtout, je savais que cette foi je l’avais et que jamais je ne la renierais, quand bien même qu’elle m’accompagnerait dans la mort. Pour moi tout ce qui importait c’était de ne pas lâcher prise.

À l’ombre de la mort

L’hiver 1999-2000 fut très difficile pour ma famille et moi. Les infections de toutes sortes se succédaient et m’affaiblissaient. Le diabète avait fait son apparition et compliquait davantage le travail des médecins. J’eus l’oxygène en permanence 24 heures sur 24 à partir de ce moment. On m’inscrivit sur la liste de greffe.

Je n’en pouvais plus de souffrir et je dis sincèrement au Seigneur en prière : « Ok pour la greffe si c’est Ta volonté, je veux bien souffrir encore un peu, mais SVP fais que je ne souffre pas trop longtemps » et en même temps, je ne pouvais penser que quelqu’un meure pour que je puisse vivre c’est pourquoi j’ajoutai « Et si ce n’est pas Ta volonté Seigneur, gardes en vie toute personne qui pourrait faire don de poumons compatibles pour moi. Je sais que tu le peux, car c’est toi qui détiens les clés de la vie de la mort » puis je terminai en disant : « Seigneur ne m’accorde pas la santé si c’est pour m’éloigner de toi et perdre mon âme ».

Au printemps 2000, chose étrange, un soir où j’étais à l’hôpital, une infirmière vint me voir pour me dire d’appeler mes parents afin qu’ils viennent à mon chevet, car les médecins croyaient que je ne passerais pas la nuit. Même si je devais me tenir assise en tout temps, même pour dormir, et que je m’étouffais à tout bout de champ avec mes sécrétions, je ne croyais pas un mot de ce qu’elle disait. Je lui ai répondu, lentement mais sûrement, qu’elle me faisait certainement une blague et que ce n’était pas drôle. Une fois l’infirmière partie, je réfléchis à la situation et décidai d’appeler ma mère. Je lui dis que je ne croyais pas mon état aussi critique mais que ce serait quand même gentil qu’elle vienne, ne serait ce que pour nous nous sentions toutes deux à l’aise face au personnel soignant. Elle me conseilla d’appeler mon père. Ce que je fis. Il m’avoua paniqué, qu’il s’en venait à l’hôpital et que l’infirmière l’avait déjà appelée. C’est à ce moment que je pris conscience de la gravité de la situation.

Après, tout empira. Les douleurs commencèrent et on me donna des antidouleurs. On me demanda de signer une autorisation pour la mise sous respirateur au cas où le besoin se présenterait. J’acceptai en me disant que tant que je ne serais pas morte, je pourrais voir le miracle s’accomplir. Ce que je sais aujourd’hui, c’est que si on m’avait branché sur un respirateur je serais vite devenue dépendante de celui-ci et je n’aurais eu qu’un sursis de quelques jours avant de mourir. Et oui, seul un appel rapide pour la greffe ou un miracle instantané aurait pu me libérer de cet appareil! Mais heureusement je n’y ai jamais été connectée.

Ensuite… Je vis un jardin avec de magnifiques plantes remplies de vie et de couleurs. C’était tellement beau. Je racontais le tout à mes parents qui priaient fort en leurs cœurs j’en suis certaine. Après… Tout devint sombre je vis des monstres qui faisaient des plans maléfiques qui s’entretuaient et qui détruisaient la vie autour d’eux. J’eus tellement peur que je ne voulais même plus fermer les yeux. Ces images me revenaient en tête constamment. Je ne sais trop combien de temps cela dura, mais j’étais tourmentée et inconfortable. Je sentais que ma combativité et mes forces me lâchaient petit à petit et j’en étais attristée. Je demandai alors à ce que l’infirmière clinicienne en fibrose kystique vienne nous voir. J’exigeai que l’on arrête les antidouleurs et toute forme de médicaments pouvant me rendre amorphe puis nous avons élaboré une stratégie « de la dernière chance » pour combattre tous ensemble avec toutes les forces qui me restaient.

Nous décidions donc que mes proches se relaieraient de manière à ce que je puisse avoir deux heures de soins toutes les quatre heures jour et nuit. L’hôpital ne pouvait offrir ces soins que deux fois par jour faute d’effectifs. Ces traitements consistaient à inhaler des médicaments pendant une heure afin de liquéfier les sécrétions qui se logeaient dans mes poumons et ensuite faire un drainage postural pendant l’autre heure afin que je puisse expectorer ces sécrétions. Je ne sais trop combien de jours cela a duré, mais je crois que cela était tout près d’une semaine avant que je recommence à prendre du mieux et à profiter de mon sommeil.

Toutes mes énergies passaient à me soigner et à me reposer du mieux que je pouvais. Je dois avouer que je n’avais plus trop la force de me battre intensivement en priant, en lisant la bible, en répétant des versets, en louant ou en écoutant des cantiques. Je pense que ma foi était enracinée au profond de moi-même et tout ce que je pensais c’est qu’Il s’occupait de moi.

Ce n’est que plus tard que j’ai compris que « Le Seigneur m’a soutenu sur le lit de la souffrance en m’entourant de soins » Ps 41,4 Il était là avec mes proches et c’est ce qui m’a permis d’avoir mon congé de l’hôpital.

Aucun espoir supplémentaire toutefois… On me retourna chez moi en m’avouant que plus aucun antibiotique ne faisait effet et qu’à moins que l’appel pour la greffe retentisse, les médecins n’avaient rien à proposer pouvant m’aider davantage. Il ne me servait à rien de revenir à l’hôpital pour d’autres traitements, ils avaient tout fait ce qu’ils pouvaient pour moi. Cela ne faisait que cinq mois que j’attendais sur la liste de transplantation et l’on me disait ça…

De retour à la maison, je devais poursuivre pendant tout le jour ces deux heures de traitements toutes les quatre heures et j’étais désormais branchée sur une forme de respirateur qui poussait l’air dans mes poumons 24 heures sur 24. Mais j’étais en vie!

Je persévérai à la tâche en voyant ça un peu comme un travail. En fait, je travaillais pour moi-même à ce qu’il y a de plus précieux : ma santé tout en me rappelant que « La souffrance momentanée que nous éprouvons nous prépare une gloire abondante et éternelle, beaucoup plus importante que cette souffrance » 2 Co 4,17

Rendue là, peu m’importait la vie, mes biens, la guérison miraculeuse, la greffe ou même la mort. Je savais que ma foi était complète et totale et que je pouvais me présenter devant le Seigneur comme si tout avait déjà été accompli. J’étais prête à partir en paix tellement je savais que cette guérison m’appartenait. Elle m’appartenait tellement que désormais je n’avais plus réellement besoin de la voir s’accomplir. J’étais là seule devant Dieu avec ma foi. Je comptais comme une grâce de pouvoir me préparer à mourir si telle était Sa volonté. Je priais pour mes proches qui souffraient de me voir ainsi malade et je Lui répétais sans cesse que je savais qu’Il pouvait me guérir et qu’Il voulait me guérir. J’allais y croire jusqu’à mon dernier souffle s’il le fallait.
« Toutes les promesses de Dieu sont ce oui en lui. C’est donc aussi par lui que nous disons à Dieu l’amen pour sa gloire » 1 Co 1,20

Je persistais chaque jour dans les traitements, en me disant qu’aucune épreuve n’est supérieure à ce que l’on peut endurer dans la patience et la foi. Souvent j’aurais eu le goût d’abandonner et de tout arrêter, mais je ne pouvais pas faire vivre cela à mes proches, je devais continuer à me battre pour rester avec eux, même si cela devenait de plus en plus difficile.

C’est alors que je donnai non seulement mon cœur au Seigneur mais aussi ma vie tout entière en renonçant même à être auprès de ceux que j’aime. Je pleurais; constatant que ça fait terriblement mal. J’avais tout remis entre Ses mains.

À partir de cet instant, plus rien ne m’attachait à cette terre, exception faite de sa Promesse. Même si je souhaitais être délivrée de ce corps de maladie, je ne pouvais me sentir digne devant le Seigneur de lâcher prise et de me laisser aller. C’était à Lui d’agir. Je criais fort au Seigneur car le temps qu’Il prenait pour répondre pesait lourd sur moi. D’une façon comme d’une autre, j’implorais Sa grâce.

Et, je méditais ces versets régulièrement : « Il s’est chargé de nos maladies et de nos infirmités » Mt 8,17 et
« Prenez courage car j’ai cette foi en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit » Ac 27,25

Oui « Lorsque mon âme était abattue, je me suis souvenue de l’Éternel; ma prière est venue jusqu’à Lui dans le temple Saint » Job 2,8

La guérison

Huit mois après l’inscription sur la liste officielle de greffe – et non pas un an et demi ou deux ans comme certains de mes amis – le téléphone sonna.

C’était un midi du mois d’août et le chirurgien était au bout du fil. Il me demande prestement : « Es-tu prête ? ». Je répondis : « oui.. » sans trop savoir de quoi il s’agissait et qui parlait au bout du fil. Ensuite il se présenta et m’annonça qu’il avait deux poumons parfaits pour moi et que je devais me rendre à l’hôpital le plus tôt possible… Tout cela d’une voix bien calme. Imaginez !

Pendant que ma mère réglait les derniers détails pour les valises, la hâte grandissait en moi et à mon grand étonnement, aucune crainte ou angoisse ne m’habitait.

Le Seigneur avait permis que j’aie de nouveaux poumons. Pour moi cela faisait nul doute que c’était les bons, ceux qui convenaient parfaitement avec mon corps. Ils étaient pour moi et m’appartenaient déjà. J’acceptais ce don de vie sans aucun scrupule et je savais que cette nouvelle vie qui s’offrait à moi provenait de Lui.

Quelques heures après l’opération, le chirurgien confirma à mes parents que les anciens poumons n’auraient fonctionné que quelques jours. D’ailleurs lorsqu’il a retiré le premier poumon, le second n’a pas pu suffire à la tâche. J’ai du être branchée sur un appareil cœur-poumons qui a assuré ma circulation sanguine de manière extracorporelle pendant tout le temps de l’opération. Le chirurgien a avoué n’avoir encore jamais vu des poumons aussi abimés.

Le rétablissement fut exigeant et douloureux, mais cela ne fut que momentané. Le Seigneur avait répondu à ma prière ; je n’ai pas souffert trop longtemps. Trois semaines après l’intervention, j’obtenais mon congé de l’hôpital, trois mois après, j’étais au sommet d’une montagne, sans oxygène et sans grande douleur et six mois plus tard, à Noël, ma capacité respiratoire était devenue à la normale avec un beau résultat à 100%, ce que je n’avais jamais connu.

Par Son sacrifice à la croix, le Seigneur a sauvé mon âme et mon corps physique d’une mort certaine.
« Si quelqu’un est en Christ, les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles » 2 Co 5,17

Neuf ans plus tard

Aujourd’hui ma capacité pulmonaire est de 115% puisque ces résultats en pourcentage sont comparés à des gens de mon âge, de mon poids et de ma grandeur. Et savez-vous quoi? Fait étrange, j’ai oublié ce qu’est la douleur. Mon corps ne se souvient plus de la souffrance et celle-ci n’est présente dans aucune partie de lui. Dieu a changé ma vie.

Ma vie est bien remplie, remplie d’autre chose que de traitements. Je travaille auprès de personnes atteintes de fibrose kystique, qui sont greffées ou pas. Je peux vous dire que j’ai une qualité de vie exceptionnelle et enviable aux yeux de plusieurs. Je n’ai aucune douleur ou séquelle de cette intervention chirurgicale. J’ai bien une petite cicatrice qui passe de bord en bord de mon thorax vis-à-vis du sternum, mais ce n’est rien… Elle ne fait que me rappeler combien Dieu est bon.

J’ai aussi quelques pilules à prendre plusieurs fois par jour, mais ce n’est rien en comparaison des nombreuses heures de traitements que je devais faire auparavant pour survivre.

Si vous partagez le repas avec moi, vous constaterez que je dois m’injecter de l’insuline pour contrôler le diabète, mais je me permets quand même de vous dire que je suis en santé. Je n’ai plus cette oppression sur ma vie. Et comme le dit M. Kenneth E. Hagin : « Lorsque nous recevons la guérison divine, nous sommes délivrés de la maladie, mais nous gardons le même corps ».

Mon corps a encore quelques faiblesses. Cela ne m’importune pas outre mesure. Je serai peut-être comme l’apôtre Paul qui a traîné une écharde dans sa chair pendant de nombreuses années. Si vous n’y croyez pas et que vous pensez que le Seigneur doit prendre tous les malaises qui sont encore présents parfois dans mon corps afin que Son œuvre soit parfaite et le glorifie pleinement, priez pour moi! Vous savez, je suis encore habitée de cette même foi. Entretemps, moi je prierai pour vous.

Oui Il est l’Éternel qui m’a guéri (Ex 15,26)!

Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de vous faire part de ce témoignage ?

Vous vous souvenez que j’étais consciente qu’après la guérison je risquais de me perdre, car cette épreuve me rendait dépendante de Lui. Je mettais toute ma confiance en Lui. Je savais qu’ayant été malade depuis ma tendre enfance que je voudrais probablement « en profiter » pour vivre un peu plus normalement.

Huit mois après la chirurgie je commençais une formation continue à temps plein. J’ai ensuite occupé un emploi à temps complet puis je suis embarquée dans ce tourbillon de la vie rempli d’exigences et de performances. J’ai repris ma vie en main comme on dit ! J’ai essayé de faire ma vie sans Son aide, selon mes ambitions personnelles et sans grande sagesse. Certains me diront : Quelle tristesse ! Peut-être mais aujourd’hui je peux vous dire que je sais que riche ou pauvre, avec ou sans la santé je ne peux me passer de Lui. Il est mon père et je suis Son enfant. Il est écrit : « La paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Christ-Jésus » Ph 4,7 et c’est ce que je vis présentement.

Je le remercie, car dans Sa grande bonté… et surtout dans Sa grande patience… Malgré les nombreuses heures à travailler sans compter et sans penser trop à Lui, il était toujours présent en mon cœur et attendait que je mette toute ma confiance en Lui à nouveau.

Cela fait déjà plusieurs années que je sais qu’avec le Seigneur c’est simple, qu’il ne me suffit que de vivre la même foi que j’ai eu en Lui pour la guérison, mais dans les différentes sphères de ma vie. Je m’y exerce avec la même patience. Vous aussi pouvez goûter à la plénitude que le Seigneur donne… Avec un peu de foi, de détermination et de persévérance !

Conclusion

« Tout est possible à celui qui croit » Mc 9,23

« Ce qu’il fait est grandiose, impossible à saisir. On ne peut pas énumérer tous ses prodiges » Job 5,9

Suggestion de prière

Rédigé dans la semaine du 3 au 7 août 2009

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